5 octobre | Crises | Réseau Écosocialiste

L’écosocialisme : réponse à la crise du néolibéralisme

La crise économique et financière qui sévit depuis l’automne 2008 a marqué un tournant dans l’évolution du néolibéralisme. Pour la première fois depuis son ascendance dans les années ‘80 du siècle dernier, celui-ci entre dans une phase de grave instabilité économique, non seulement dans ses régions périphériques comme vers la fin des années ‘90, mais fait nouveau, l’instabilité économique touche le centre géographique du système. Son centre névralgique, le système financier – Wall Street, les grandes places financières d’Europe, les grandes banques – est fragilisé. L’inquiétude sur la solidité des grandes banques persiste malgré les sommes faramineuses englouties depuis 2008. Sans parler de la crainte de l’effondrement financier, non pas de pays marginaux, mais des pays fondateurs de l’Union Européenne comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal. À cette crise économique s’ajoute une très grave crise idéologique. Les vertus supposées du marché, de l’entreprise privée, des profits illimitées, de la dérégulation, des coupes sombres dans les dispositifs de protection sociale, s’effondrent face à l’immense gâchis environnemental et social légué par trente ans de spéculation financière effrénée. Les trillions engagés dans le sauvetage des banques, en plus des sommes mirobolantes englouties dans la militarisation et les guerres incessantes, ont minées les paravents idéologiques du néolibéralisme.

Un nouveau cycle politique depuis 2008

L’éclatement de cette crise change les données pour les forces progressistes. Dans la phase précédente, affirmer la nécessité de lutter contre un système qui paraissait inébranlable, appuyer et participer aux luttes sociales, lancer qu’ « un autre monde est possible », était en soi une déclaration de guerre au système. Mais dans la phase actuelle, amorcée depuis l’automne 2008, le seul appel à la lutte ne suffit plus. Désormais, des questions de plus en plus insistantes portent sur la nature des réponses à la crise multidimensionnelle (économique, financière, sociale, écologique) qui nous afflige. Penser l’au-delà du néo-libéralisme n’est plus une vaine spéculation. La question qui se pose de plus en plus aux mouvements sociaux est la suivante : il faut sortir du néolibéralisme, mais pour aller où et faire quoi ?