4 mai | Perspectives et stratégies | Réseau écosocialiste

3- Les mouvements sociaux à la croisée des chemins

A. Concertation conflictuelle ou syndicalisme de combat?

Comme l’a rappelé les appels des centrales à la concertation sur l’emploi (après la rencontre du 12 février 2015) et le titre du Devoir sur le “Front commun syndical-patronal”, le mouvement syndical est traversé par des orientations contradictoires : une orientation en grande partie élaborée par les directions, mais qui ont des relais dans une grande partie des bases et qui prône une stratégie de concertation avec le patronat et les gouvernements et qui cherchent à exercer des pressions pour amener les classes dominantes et leurs partis à se rallier à une telle stratégie ou une orientation qui prône un syndicalisme de combat ou de transformation sociale, donc un virage politique important qui implique une rupture avec la stratégie de concertation et le recours à des moyens de lutte qui ne s’enferment pas dans les cadres légaux imposés par l’État.

Depuis le tournant néolibéral de la classe dominante, cette orientation concertationniste s’est maintenue et s’est redéfinie plusieurs fois. Du soutien critique au PQ au soutien au PQ comme moindre mal malgré ses politiques social-libérales, il y a eu toute une série de glissements dans le mouvement syndical qui a eu comme constantes la défense du partenariat et le refus systématique de travailler à la construction d’un parti politique des travailleurs et des travailleuses. Le sommet socio-économique de 1996 a été l’illustration la plus claire d’où pouvait mener la reprise du discours patronal dans les rangs syndicaux. « Le sommet a eu pour résultat des pertes d’emplois, de nouvelles tarifications, une diminution de l’efficacité des services publics, ce qui a favorisé le recours a des services privés de santé et d’enseignement. Ainsi, le mouvement syndical a contribué à déstructurer les services publics qu’il prétendait vouloir préserver… Néanmoins, malgré ces fruits amers, le « partenariat social perdure dans le milieu syndical. La conséquence politique centrale de cette stratégie est le remplacement de la mobilisation des membres par des discussions à haut niveau desquelles les syndiquÉes sont excluEs. Le « partenariat social » se pratique aux dépens de la démocratie syndicale. Les travailleurs et les travailleuses sont ainsi désappropriéEs des moyens nécessaires de lutte pour améliorer leurs conditions de travail. Il ne faut donc pas se surprendre si la combativité des syndiquéEs n’est pas au rendez-vous. Le cercle vicieux- moins on mobilise moins les syndiquéEs sont mobilisables – justifie le partenariat. » (Ghislaine Raymond, Le « partenariat social » Sommet socioéconomique de 1996, syndicats et groupes populaires, M Éditeur, 2013, pp.177-179)

L’orientation de concertation sociale, qui s’accompagne d’un soutien plus ou moins avoué à un parti comme le Parti québécois, cache le refus de l’autonomie politique sous la rhétorique de la neutralité partisane, qui est en fait, un refus de se laisser entraîner vers le soutien explicite à un parti qui se définit comme défenseurs des intérêts des classes subalternes.

L’orientation du mouvement syndical est un enjeu d’un débat politique essentiel : soit comme le propose la majorité des directions, le mouvement syndical cherche à s’intégrer au capitalisme et à participer à son essor en le rendant acceptable auprès de ses membres, soit il radicalise sa pratique et son discours pour faire face à l’offensive d’austérité permanente qui réduit ses droits. S’il cherche à se donner un projet politique comme réponse globale à cette offensive et noue les alliances avec un parti politique capable de porter un tel projet, son action s’inscrira dans la défense d’une autonomie politique réelle face projet des partis du capital.

Avec les prochaines négociations dans le secteur public, le mouvement syndical fait face à défi essentiel : convaincre la majorité de la population, à commencer par ses membres, de l’importance de ses revendications et la légitimité de l’action collective pour contrer les politiques gouvernementales, pour défendre les services publics et pour protéger les conditions de travail et de vie des employéEs des services publics. Si le gouvernement parvient à ses fins, ce sont les femmes et les secteurs populaires les plus vulnérables qui vont en faire les frais. Dans la santé, le mouvement syndical fait face à la précarisation des conditions d’emploi, à la privatisation, à l’augmentation de la charge de travail, etc. Dans l’éducation, les syndicats et le mouvement étudiant font face à des attaques similaires.
B. La lutte du mouvement étudiant du Printemps 2015 et sa nécessaire réorientation stratégique

Les principales revendications du mouvement étudiant en ce Printemps 2015 avaient une portée trop générale. La grève étudiante s’est inscrite dans une lutte globale contre l’austérité en santé, en éducation et dans les services sociaux (coupures, gel des embauches, hausses de frais, privatisation et marchandisation), contre les projets d’exploitation et de transports des hydrocarbures, contre le profilage et la répression politique et pour la défense des droits syndicaux (lutte contre la réouverture des conventions collectives, l’attaque contre les régimes de retraite et contre les lois spéciales, etc.). Par exemple, une proposition de grève du Cégep du Vieux-Montréal « revendiquait entre autres la fin des mesures d’austérité « pour toujours », l’abolition de la loi 3 sur les régimes de retraite et l’abolition du règlement P-6 dans la métropole. »
D’autres associations locales (comme l’Association facultaire des étudiant-es en sciences humaines de l’UQAM) face à la répression qui l’a tout particulièrement frappé a répondu à cette attaque par une plate-forme très spécifique qui relevait de la seule lutte à l’UQAM. Par exemple: « La fin immédiate des basses manœuvres juridiques de l’administration de l’UQAM (injonction et poursuites contre des étudiant-es militant-es) ; la réadmission à la maîtrise de René Delvaux, expulsé en catimini pour l’écarter du C.A. ; que les 22 arrêté-es du mercredi 8 avril ne soient pas poursuivi-es et ne soient les cibles d’aucune sanction administrative ; …)

C’est ainsi que la grève sociale espérée s’est transformée en une série de luttes fragmentées pour le droit de manifester. Bien que la lutte contre la répression politique soit absolument essentielle, il est difficile d’établir un rapport de force suffisant vis-à-vis des autorités administratives et publiques dans un contexte de dispersion des énergies et d’improvisation. Indépendamment des résultats concrets des féroces luttes actuelles, il faut réfléchir dès maintenant à la poursuite de la mobilisation au-delà du Printemps 2015. Pour ce faire, il faut élaborer un espace de revendications qui trouve un équilibre délicat entre le général et le particulier, afin d’éviter le double piège des demandes abstraites (lutter contre le capitalisme ou le néolibéralisme) et des revendications sectorielles qui limitent le potentiel de généralisation.

La stratégie consiste à bloquer les coupures massives dans le système d’éducation. Ce n’est pas seulement les étudiant-es, mais l’ensemble des écoles primaires et secondaires, les commissions scolaires, les cégeps et les universités, les élèves, les professeur-es, les employé-es, les chargé-es de cours, et les administrations d’établissement qui seront directement touchées par ces coupures. Pour réclamer quelque chose d’unificateur, il faut demander un réinvestissement massif dans le système d’éducation par une proposition claire : l’injection immédiate d’un milliard de dollars supplémentaires dans le système d’éducation. L’objection facile, « on n’a pas d’argent », pourra facilement être réfutée par la campagne de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics, 10 milliards$ de solutions. L’alternative à l’austérité se résume à une idée simple : justice fiscale.

Ainsi, la grève de masse n’aurait pas pour but de défendre les intérêts particuliers des étudiant-es, des professeur-es, etc., mais l’intérêt général, l’intégralité du système d’éducation, en prônant des mesures politiques qui pourraient permettre de financer les services publics (santé, garderies, transports, etc.) et de réduire le fardeau fiscal des classes moyennes et populaires. Autrement dit, la lutte passerait de la phase économique-corporative à la phase éthico-politique. 1G$ pourrait susciter l’adhésion des étudiant-es, chargé-es de cours, professeur-es et même des recteurs qui militent depuis longtemps contre le sous-financement du système postsecondaire.

Par ailleurs, la revendication principale d’1G$ jumelée aux mesures de justice fiscale (10G$ de solutions) pourrait s’accompagner d’une revendication visant à répondre au problème de la dette : un audit citoyen sur la dette publique. Il s’agit d’un outil pédagogique formidable pour contester l’idéologie austéritaire, en permettant « aux citoyens de se réapproprier la question de la dette publique, et à partir de là les grandes questions de politique économique, comme des enjeux démocratiques. Il s’agit d’engager un examen public approfondi de quelques questions clés.

Mais, il ne suffit pas de demander plus d’argent, il faut encore assurer une allocation des ressources en fonction des besoins. Cela implique d’abolir le financement par tête de pipe instauré au tournant des années 2000 par le ministre de l’Éducation de l’époque, François Legault, qui remplaça la formule de financement historique en fonction des besoins des institutions avec des ajustements particuliers, par un système de financement basé exclusivement sur le volume et la nature de l’effectif étudiant en équivalence au temps plein (EEETP).

À ce financement injuste et peu efficient, il faut également veiller à la gestion des ressources financières non seulement par une caste de managers privilégiés au sein des conseils d’administration, mais par l’ensemble de la communauté universitaire. Il s’agit d’éviter des situations absurdes où des hauts dirigeants grassement payés (le recteur de l’Université Laval gagne 355 000$ par année) se votent des prolongations de salaire à 90% pendant six ans après la fin de leur mandat, tout en imposant des abolitions de programmes et des compressions dans les Facultés et la bibliothèque (800 000$ dans le budget de la bibliothèque) . L’idée est d’instituer des budgets participatifs dans l’ensemble des institutions d’éducation, du primaire à l’université en passant par les commissions scolaires, afin d’assurer la démocratisation du budget, la transparence et l’efficience dans la gestion des finances publiques, et l’allocation équitable des ressources en fonction des besoins exprimés.

Ainsi, il faut dès maintenant contribuer à rendre légitime l’idée d’une co-gestion des établissements scolaires à toutes les échelles, tout comme la « gratuité scolaire » fut lancée dans l’espace public et rendue crédible à force de débats, même si la revendication initiale était d’abord de bloquer la hausse des frais de scolarité.

Il faut saisir la fenêtre d’opportunité de la lutte contre l’austérité pour revendiquer, non pas plus de financement pour des institutions gérées sur un modèle technocratique, mais une démocratisation radicale et une meilleure gestion des fonds publics pour assurer la qualité de l’éducation, la transparence, l’équité, etc. Le discours anticorruption et antibureaucratie, généralement monopolisé par la droite qui prône les privatisations, pourrait ainsi être retourné en faveur de l’instauration d’un régime de démocratie participative, lequel pourrait être généralisé dans le réseau de la santé et les autres services publics, les municipalités, etc. Le slogan, surprenant pour un mouvement de gauche, pourrait être : « à bas la bureaucratie, vive la démocratie ! »

Enfin, le dernier groupe de revendications doit être la défense du droit de contestation, qui représente le pilier de l’autonomie de la société civile et de la liberté politique. Il est absolument essentiel de défendre les droits fondamentaux (liberté d’expression, d’association, de réunion publique) en revendiquant l’abrogation immédiate des lois anti-manifestations à l’échelle municipale et nationale (règlement P-6 à Montréal, règlement « sur la paix et le bon ordre » à Québec, article 500.1 du code de la sécurité routière, etc.), la fin de la judiciarisation des conflits (retrait des injonctions), la fin du profilage et de la répression politique, etc. Par ailleurs, la question délicate du « droit de grève » du mouvement étudiant doit être remise en avant-plan. Alors que certains réclament l’encadrement légal, d’autres affirment tout bonnement qu’il n’existe pas, l’éducation étant ainsi réduite à un « don » des autorités, un produit, une marchandise. Il s’agit d’abord d’assurer la reconnaissance des droits collectifs et de décriminaliser le mouvement étudiant. Cela n’implique pas nécessairement la légalisation et l’encadrement juridique du droit de grève, mais au moins une réelle reconnaissance du droit d’usage des pratiques étudiantes qui ne doivent plus être bafouée par les impératifs administratifs et l’opinion des dirigeants politiques. (Texte repris de la contribution de Jonathan Durand Folco, Au-delà du printemps 2015, Ekopolitica)
C. Le mouvement écologiste qui fait face à des enjeux essentiels: s’enraciner dans la majorité populaire, construire des liens avec différents mouvements sociaux et dépasser la stratégie des pressions sur les élites économiques et politiques.

Avec la lutte citoyenne contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, le mouvement écologiste est devenu un mouvement citoyen qui s’est enraciné dans les différentes régions du Québec et qui a su construire un large appui dans la population. Les entreprises pétrolières et gazières et les gouvernements à leur service ont dû reculer, pour un temps du moins. La manifestation de centaines de milliers de personnes le 22 avril 2012 représentait une percée de masse de ce mouvement dans la société québécoise.

Le mouvement citoyen a été relancé pour faire face au tournant pétrolier et la volonté des entreprises pétrolières et des gouvernements de faire passer les pipelines transportant le pétrole tiré des sables bitumineux sur le territoire québécois. Encore une fois, les personnes directement concernées par le passage d’un pipeline sur leur terre ont été les premières mobilisées. Le Regroupement Québécois contre les Hydrocarbures qui avait commencé son travail contre l’exploitation des gaz de schiste a fait de la bataille des pipelines le nouvel axe de son combat. La campagne “Coule pas chez nous!” en a été l’expression. La tragédie de Lac Mégantic a démontré que l’invasion du pétrole bitumineux impliquait le renforcement exponentiel du transport de ce pétrole par train. L’utilisation par Suncor des grands pétroliers pour transporter ce pétrole sur le St-Laurent a démontré que le Fleuve et notre approvisionnement en eau étaient également menacés par le transport maritime.

La bataille contre le tournant pétrolier s’est diversifiée : mobilisation contre les pipelines de Trans Canada et d’Enbridge, mobilisation contre le port de Cacouna, mobilisation contre le port de transbordement de Sorel Tracy, création de groupes citoyens contre les trains devenus de véritables bombes sur rails. L’abandon du projet du port de Cacouna a été une victoire importante, même si la question de la construction d’un nouveau port de transbordement du pétrole par TransCanada demeure un enjeu.

Le mouvement contre le tournant pétrolier a commencé à s’enraciner. La manifestation du 11 avril 2015, a marqué un pas important dans cette direction. Ce printemps 2015 a été également fait apparaître le fait que de mouvement contre le tournant pétrolier crée des liens avec les autres mouvements sociaux. Dans le mouvement étudiant, la Coalition ÉtudiantEs contre les oléoducs (ECO) est en train de s’implanter dans les cégeps et universités du Québec. Elle prépare des initiatives nationales pour l’automne 2015. Elle cherche également à mobiliser une forte délégation de jeunes pour le sommet de Paris en décembre 2015. L’importance de la lutte contre les hydrocarbures s’est également manifestée comme thème de la lutte étudiante au printemps 2015.

Le mouvement syndical s’est d’abord montré réticent aux revendications environnementales. En octobre 2015, la FTQ- construction annonçait publiquement son appui à la construction du projet Énergie Est. On apprenait également que les fonds syndicaux investissaient dans le pétrole tiré des sables bitumineux… Les investissements du Fonds (FTQ) dans Enbrigde et TransCanada totalisent actuellement 41,6 millions de dollars. (Voir Gabriel Nadeau-Dubois, Les jobs ou les caribous? Syndicalisme et écologie, petite histoire d’un grand dilemme, in Sortir le Québec du pétrole, Éditions Somme toute, 2015).

La participation des centrales à la manifestation du 11 avril marquait la volonté de ne pas laisser se creuser le fossé entre le mouvement syndical et les environnementalistes. Mais une véritable alliance ne pourra se créer que si le mouvement syndical rompt avec la concertation sociale et pose la nécessité de reconstruire l’appareil de production et les moyens de transport autour des énergies renouvelables par des investissements publics. Des débats sérieux restent donc à mener dans le mouvement syndical. Le mouvement syndical doit chercher à provoquer un débat public sur le modèle de développement alternatif, capable de répondre aux deux grands défis majeurs de notre siècle : les changements climatiques et les inégalités sociales. L’implication du mouvement syndical dans la lutte aux changements climatiques devra passer par une rénovation du syndicalisme pour en faire un syndicalisme de transformation sociale.

Les nations autochtones du continent ont été aux avant-postes de la lutte contre le tournant pétrolier. La défense de leur territoire et la conception du rapport à entretenir avec la nature (Terre mère), sont des composantes essentielles d’un discours de résistance aux visées des entreprises pétrolières.

Les femmes sont des organisatrices du mouvement de lutte contre les hydrocarbures… Cela est d’autant plus important que les industries pétrolières tentent d’utiliser les femmes dans la défense de cette industrie. Il est important que les femmes puissent prendre leur place sous les projecteurs, devant les micros et les caméras. (Le rôle des femmes dans le monde pétrolier). Noami Klein démontre d’ailleurs que les impacts des industries pétrochimiques sur les conditions de santé des populations touchent particulièrement les femmes (Voir Noami Klein, Tout peut changer, chapitre 13, Perpétuer la vie)

Le mouvement pourra se construire s’il sait démonter à l’ensemble de la population, qu’il ne s’agit pas seulement de résister et de refuser les changements néfastes qu’on nous propose, mais qu’il y a également une alternative au pétrole, que la transition vers les énergies renouvelables (comme l’éolien, le solaire, la géothermie et l’énergie marémotrice) est possible, qu’une économie respectueuse de l’environnement est à portée de mains pourvu qu’on impose le contrôle citoyen et démocratique sur les grandes décisions économiques de manière à ce que les énergies renouvelables puissent être régies sur une base décentralisée et adaptée aux besoins des populations. L’enjeu est énorme. La victoire passe par la responsabilisation et la mobilisation de la majorité populaire.

D. La résistance à l’austérité nécessite l’unification des luttes des différents mouvements sociaux

Les mouvements sociaux ne pourront résister à l’offensive actuelle de la classe dominante que dans la mesure où ils sauront dépasser leur dispersion et leur division. Les différents mouvements se voient poser des défis importants dont le premier est la possibilité d’agir collectivement autour d’une plate-forme commune. Toute une série de questions qui sont autant de défis doit trouver une réponse : comment construire l’unité populaire pour résister aux plans d’austérité du gouvernement Couillard ? Quels types d’actions seront nécessaires pour faire reculer le gouvernement et l’amener à renoncer à ses plans? Qu’est-ce qui a empêché l’unité jusqu’ici et comment dépasser ces obstacles ? Comment lutter pour l’autonomie des organisations de la société civile face aux politiques d’intégration de l’État québécois? Pour répondre à ces questions, collectivement, il faut pouvoir connaître, partager les expériences de lutte qui se développent dans différents mouvements.

Sans la construction d’un rapport de force en faveur des mouvements ouvrier et populaire et des autres mouvements sociaux, le projet politique de transformation sociale d’un parti politique de gauche ne pourra se réaliser. Construire un parti de gauche, c’est donc aussi contribuer à renforcer et à unifier les luttes concrètes contre les projets régressifs de la classe dominante et de ses alliés.